Je ne sais pas pourquoi je reviens après 3 ans d'absence, les méandres de l'internet nous offre des réflexes inédits. En fait si je sais pourquoi je suis là, toujours une même rengaine étrange de l'absence, du manque.
Elle est partie un soir, elle m'a giflé avec un gant de soie. Ce n'était pas le bon moment, est-ce qu'il y a des bons moments à ça... J'ai réussi à occulter ce manque pendant plusieurs jours, j'étais vaillant, j’avançais malgré l'adversité. Le cerveau humain est si bien fait qu'il peut se prendre pour une bombe à retardement redoutable et t'exploser en plein vol.
Depuis une semaine je ramasse les débris, je nettoie les plais d'une douleur lancinante et détestable. Je l'aimais, vraiment, mais je ne savais plus vraiment lui dire. Je l'ai usé, fatigué au point de la contraindre à prendre la décision de partir.
J'ai conscience que c'était inévitable mais la conscience n'agit plus sur moi. Aujourd'hui les souvenirs langoureux imbibent mon esprit. Putain que c'était beau ! Putain que je l'aime...
Ecrire est le dernier remède que j'ai trouvé pour m'exprimer, gâcher la page blanche pour évacuer. Quand je la revois mon cœur s'emballe encore, la toucher me brûle et lui parler m'enflamme l'esprit d'un mal être incandescent. Elle est partie, je le vois dans ses yeux. Je reste un souvenir vague, une épopée non héroïque où la flamme s'est éteinte.
Aujourd'hui je ne veux pas, je ne veux plus, je fais le deuil du passé. C'était inévitable, tout ce qui se passe était inévitable et je me sens anéanti. J'ai plus la force de lutter face aux sentiments qui m'ont animé depuis le premier jour près d'elle. Je suis vaincu, je dois m'affronter en duel pour tenir mais je suis désarmé.
Je veux absorber ce remède du temps mais je ne peux pas prendre de l'avance. Je dois prendre mon mal en patience mais je n'ai qu'une envie, fuir.




